• Le 15 mars 2019

" Influence de la génétique mitochondriale dans les maladies rares et communes "

Vincent PROCACCIO, invité par David Jacobi (Eq V)
Professeur de Génétique médicale, Laboratoire de Génétique, Institut de Biologie en Santé,  Centre National de Reference Maladies Neurodegeneratives et Mitochondriales, CHU Angers,
Institut MitoVasc UMR CNRS 6015 – INSERM U1083

Abstract

La mitochondrie centrale énergétique cellulaire, est essentielle à la production d’ATP via la phosphorylation oxydative. Les maladies mitochondriales héréditaires sont des pathologies fréquentes du métabolisme caractérisées par une forte hétérogénéité clinique et génétique. En effet, la mitochondrie a la particularité de posséder son propre ADN (ADNmt), de transmission maternelle. La double origine génétique des mitochondries, ADN nucléaire et ADNmt, mais aussi l’hétéroplasmie mitochondriale (coexistence de mitochondries porteuses de copies d’ADNmt mutées/normales) sont à l’origine de la complexité du diagnostic de ces maladies.

Ces caractéristiques ont conduit à l'accumulation séquentielle de variants d'ADNmt lors de l’évolution humaine définissant différents haplogroupes mitochondriaux, contribuant à moduler la susceptibilité et la gravité de nombreuses manifestations cliniques telles que les maladies métaboliques ou neurodégénératives.

De plus, compte tenu d’un taux de mutation très élevé du génome mitochondrial, les variants somatiques de l’ADNmt vont s'accumuler tout au long de la vie dans les cellules adultes post-mitotiques, proportionnellement à l’exposition à des facteurs et stress environnementaux. L’avènement des nouvelles technologies de séquençage haut-débit a révolutionné l’analyse génétique, avec la possibilité d’une analyse systématique ciblée de l’ADNmt associé aux analyses pangénomiques et avec notamment le développement récent au sein du laboratoire d’outils bioinformatiques spécifiquement dédiés à la génétique mitochondriale.

Ces différents outils et stratégies devraient nous permettre de préciser le rôle de la génétique mitochondriale comme facteur de susceptibilité et gravité des maladies communes, vraisemblablement due à la combinaison synergique de différents variants mitochondriaux et/ou nucléaires, mais aussi de mettre en avant les capacités d’adaptation mitochondriale aux réponses de l’environnement.


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